#poème
L’enfant sous les rides
Je n’ai plus vingt ans,
Mais toujours l’âme d’un enfant,
Le cœur qui d’un rien s’émerveille,
Et des rêves plein l’horizon.
Mon genou,
dans les escaliers,
craque en montant,
je cherche mes lunettes,
elles sont sur mon front,
et mes mains,
parfois,
laissent tomber le bouton
en le recousant.
Je n’ai plus vingt ans,
mais toujours l’âme d’un enfant,
Un cœur qui s’émerveille
Devant une lumière,
au moindre rayon,
Qui court encore
après les rêves d’avant,
Et cherche dans le ciel
les couleurs d’antan.
Je n’ai plus vingt ans,
mais j’ai gardé l’enfant,
Un rire au fond des yeux,
des rêves plein les mains.
Les années passées,
m’ont appris à être patient,
Mais mon cœur court encore
sur les mêmes chemins.
Je n’ai plus vingt ans,
qu’importe mon âge,
J’ai gardé mes rêves
au fond de mes yeux.
La vie a tourné
bien des pages,
Mais l’enfant en moi
rit encore un peu.
Mes cheveux ont blanchi
sous les vents de la vie,
Mon visage porte
les traces des saisons,
Le temps a gravé
ses mots sur ma peau,
Mais mon cœur chante
toujours aussi haut.
J’ai connu des départs,
des blessures,
des oublis,
Des silences plus lourds
que mille trahisons.
Je revois la ruelle
et nos courses effrénées,
après avoir volé,
Dans le vieux cerisier,
La poussière
Dans nos genoux blessés
Et les cailloux
dans nos poches trouées,
Le pain chaud qu’on rompait
En fin de journée,
pour aller jouer,
Et ce goût de bonheur
qui ne coûtait presque rien.
Et nos mères,
au seuil,
qui nous appelaient.
Je n’ai plus vingt ans,
c’est vrai,
Et tant de printemps
se sont enfuis,
J’ai connu des départs,
des regrets,
Des soleils éteints
au milieu des nuits.
Le soir,
mon dos réclame une chaise,
mes paupières se ferment
avant le film ;
mais dans ma tête,
je désobéis à la nuit :
je mange la confiture
à même le pot,
je tire la langue
aux adultes,
et je ris tout seul
sous les draps.
Car au fond de mon cœur,
rien n’a vraiment changé,
Il reste ce petit garçon
qui regarde les étoiles,
Qui croit qu’un mot sincère
peut tout arranger,
Et qu’un sourire suffit
à soulever les voiles.
Je n’ai plus vingt ans,
mais j’ai gardé l’enfant,
Ce gamin qui riait
pour un rien,
sans raison.
Le temps a pris mes jours,
jamais mon insouciance :
Il reste dans mon cœur
une vieille chanson.
Je n’ai plus vingt ans,
Mais j’ai gardé l’enfant.
Les années font leur temps,
Mon cœur a huit ans.
J’ai vu des amis
prendre le large,
Des amours
devenir des souvenirs,
J’ai porté mes peines
comme un bagage,
Sans jamais cesser
de croire en l’avenir.
Je n’ai plus vingt ans.
Mon corps me le rappelle
à chaque geste.
Mais mon âme refuse
De marcher sagement.
Je n’ai plus vingt ans,
mais j’aime comme autrefois,
Avec cette innocence
que le temps n’a pas tuée,
Je garde mes colères,
mes espoirs
et ma foi,
Et cette folle envie
de continuer à rêver.
Je revois nos maisons,
les portes toujours ouvertes,
Les voix de nos parents
qui nous criaient de rentrer.
Nos promesses d’enfants,
nos querelles vite offertes
À des jeux retrouvés
avant la nuit tombée.
Je revois mon père qui rentrait,
sa veste à la main,
Ma mère qui soufflait
sur notre soupe,
Et nous,
qui nous chamaillons
pour un bout de pain.
Car au fond de moi,
rien n’a vraiment vieilli,
Il y a toujours
l’enfant qui sourit,
Celui qui court
après les papillons,
Qui voit des étoiles
dans les sillons.
J’ai vu tant de printemps
s’en aller sans retour,
Tant de visages chers
disparaître dans la brume,
J’ai appris que la vie
est un étrange parcours,
Où les joies les plus belles
ont parfois un goût d’amertume.
Certains visages,
hélas,
ne franchissent plus ma porte ;
Leurs voix vivent pourtant
dans un coin de ma mémoire.
Il suffit d’un prénom
pour que le temps m’emporte
Vers ces jours disparus
que je revois chaque soir.
Je revois les soirs
où l’électricité
S’éteignait soudain
au milieu du repas.
On rapprochait les chaises,
on se mettait à raconter
des histoires
qu’on n’oubliait pas.
Je n’ai plus vingt ans,
mais j’ai gardé l’enfant,
Celui qui croit
encore aux promesses,
Qui pardonne
malgré les blessures,
Qui cache ses larmes
sous la tendresse,
Et garde une rose
au milieu des fissures.
Je ris encore
devant une simple fleur,
Je m’émeus d’un enfant
qui joue au bord d’un chemin,
Et je sens battre en moi
cette éternelle ardeur
Qui fait croire aux lendemains
quand tout semble incertain.
Je n’ai plus vingt ans,
mais j’ai gardé l’enfant,
Ce gamin qui riait
pour un rien,
sans raison.
Le temps a pris mes jours,
jamais mon insouciance :
Il reste dans mon cœur
une vieille chanson.
Je n’ai plus vingt ans,
Mais j’ai gardé l’enfant.
Les années font leur temps,
Mon cœur a huit ans.
Je n’ai plus l’âge
de faire le fier,
Ni de courir
après tous les mirages,
Je sais que le temps
est un courant de rivière
Qui emporte les jours,
mais pas toujours les visages.
On me dit que le temps
devrait m’avoir assagi,
Que l’âge impose au cœur
de marcher en silence,
Mais je refuse d’être
un rêveur repenti,
Un homme sans printemps,
prisonnier de l’apparence.
J’ai connu les départs,
les déceptions,
les peines,
Les mots qu’on ne dit pas,
les regrets trop longtemps tus.
J’ai vu se refermer des portes,
des semaines,
Et des rêves s’éloigner
sans qu’on les ait revus.
J’ai perdu des amis,
des voix,
des adresses,
Des gens dont le rire
habitait mes étés.
Parfois,
leur prénom revient
dans ma tête,
Comme un vieux refrain
qu’on n’a pas oublié.
J’ai appris
que la vie est fragile,
Qu’un bonheur tient
parfois dans une main,
Qu’un sourire peut
rendre le monde habitable,
Et qu’un peu d’amour
éclaire un chemin.
Vieillir,
ce n’est pas renoncer
à la vie,
Ni laisser les années
enterrer nos élans,
C’est porter dans son âme,
malgré les jours enfuis,
Un peu de cette enfance
qui nous rend vivants.
Un rire d’enfant
me ramène à moi-même,
Un vieux refrain suffit
pour réveiller l’été.
Je retrouve,
en secret,
ceux que mon cœur aime,
Et les jours de ma jeunesse
un instant ressuscités.
Je ne suis plus celui
qui courait dans la rue,
Qui rentrait le soir
les cheveux pleins de poussière.
Mais quand un enfant rit,
je me sens revenu
À ce temps
où demain n’avait rien d’amer.
Alors,
laissez-moi mes rêves
un peu fous,
Mes éclats de rire
et mes étonnements,
Même si le temps
a changé beaucoup,
Je veux rester cet enfant,
simplement.
Je n’ai plus vingt ans,
et alors,
qu’importe l’âge ?
Mon cœur n’a pas signé
le pacte du renoncement.
Il reste des soleils
au détour des nuages,
Des chemins inconnus,
des bonheurs à présent.
Je n’ai plus vingt ans,
mais j’ai gardé l’enfant,
Ce gamin qui riait pour un rien,
sans raison.
Le temps a pris mes jours,
jamais mon insouciance :
Il reste dans mon cœur
une vieille chanson.
Je n’ai plus vingt ans,
Mais j’ai gardé l’enfant.
Les années font leur temps,
Mon cœur a huit ans.
Je n’ai plus vingt ans,
Mais toujours l’âme d’un enfant.
Et si mes pas
sont moins pressés qu’autrefois,
Mon cœur,
lui,
n’a pas perdu sa voix.
Et si demain la vie ralentit mes pas,
Si mes mains tremblent un jour
en caressant la terre,
Je garderai cet enfant
qui sommeille en moi,
Celui qui croit encore
aux miracles ordinaires.
Je ne demande plus
aux années de s’arrêter,
Ni aux êtres aimés
de revenir sur leurs traces.
Je voudrais simplement,
tant que je peux marcher,
Garder ce cœur d’enfant
sous les rides du temps
qui passe.
Je connais les départs,
les silences,
les comptes,
Les mots qu’on ravale
et les nuits sans sommeil.
Je sais ce que coûte
un sourire qu’on feinte,
Et le prix d’un pardon
qui tarde au réveil.
Vieillir n’est pas devenir de pierre,
Ni fermer son âme
aux premiers printemps ;
C’est porter dans ses yeux
toute une vie entière
Et garder au fond de soi
L’enfant qu’on était à vingt ans.
Car les années s’en vont,
les visages se fanent,
Les saisons font leur œuvre
et les jours sont comptés,
Mais il est une flamme
que les hivers condamnent
Sans jamais réussir
à la faire quitter :
Et si mes cheveux blancs
racontent mes défaites,
Si mes mains ont gardé
les fatigues du chemin,
Je veux encore m’émerveiller
devant les fêtes
Que la vie offre parfois
pour un sourire,
un rien.
Donnez-moi des billes,
un vieux ballon crevé,
Une cour,
quelques voix,
du soleil sur les pierres :
Vous verrez le vieil homme
à peine arrivé
Redevenir le gosse
qu’il était hier.
C’est cette âme d’enfant,
rebelle
et lumineuse,
Qui transforme une larme
en perle de rosée,
Qui fait d’une vie simple
une histoire merveilleuse,
Et d’un cœur vieillissant
un jardin de pensées.
Je n’ai plus vingt ans,
mais j’ai gardé l’enfant,
Et ce gamin en moi
n’a pas dit son dernier mot.
Tant que mon cœur s’émeut,
tant que mon âme danse,
Je peux vieillir en paix
sans devenir vieux.
Je n’ai plus vingt ans,
Mais j’ai gardé l’enfant.
Les années font leur temps,
Mon cœur a huit ans.
Je n’ai plus vingt ans,
mais je n’ai pas tout perdu :
J’ai des souvenirs
plein les poches
et des rêves plein la tête.
Je sais
que le bonheur se cache
dans l’imprévu,
Dans un rire partagé,
dans une chanson qu’on répète.
Un jour,
mes pas seront plus lents
qu’autrefois,
Mes mains trembleront
en ouvrant ma fenêtre.
Mais si quelqu’un m’appelle
par mon doux nom d’enfant,
Je tournerai la tête
avant même de paraître.
Et lorsque viendra l’heure
de regarder derrière,
Je ne compterai pas les rides
de mon visage,
Mais les éclats de rire,
les amours,
les lumières,
Et tous ces petits riens
qui font le prix de l’âge.
Car je ne dois pas tout
aux années qui s'en vont,
Ni mes rides aux hivers,
ni mes cheveux au vent.
J’ai grandi,
c’est certain,
j’ai changé de saison,
Mais je n’ai jamais su
renvoyer mon enfant.
Je n’ai plus vingt ans,
mais toujours l’âme d’un enfant.
Et si la vie m’a appris
à marcher dans la peine,
Je veux garder ce cœur
qui s’étonne du vent,
Car tant qu’on sait rêver,
la jeunesse demeure humaine.
Je n’ai plus vingt ans,
Mais j’ai gardé l’enfant.
Les années font leur temps,
Mon cœur a huit ans.
Que m’importe le temps,
ses départs,
ses adieux,
Tant que mon cœur s’émeut
devant un ciel immense ?
On peut vieillir dehors,
les cheveux devenus vieux,
Et garder vingt ans dedans,
au royaume de l’enfance.
Djamel Metref
At Yenni le 10 Octobre 2016
Lire sur le site :
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