Les mots d’un montagnard
#poème
L’enfant sous les rides

Je n’ai plus vingt ans,
Mais toujours l’âme d’un enfant,
Le cœur qui d’un rien s’émerveille,
Et des rêves plein l’horizon.

Mon genou, 
dans les escaliers, 
craque en montant,
je cherche mes lunettes, 
elles sont sur mon front,

et mes mains, 
parfois, 
laissent tomber le bouton 
en le recousant.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais toujours l’âme d’un enfant,
Un cœur qui s’émerveille 
Devant une lumière, 
au moindre rayon,

Qui court encore 
après les rêves d’avant,
Et cherche dans le ciel 
les couleurs d’antan.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais j’ai gardé l’enfant,
Un rire au fond des yeux, 
des rêves plein les mains.

Les années passées, 
m’ont appris à être patient,
Mais mon cœur court encore 
sur les mêmes chemins.

Je n’ai plus vingt ans, 
qu’importe mon âge,
J’ai gardé mes rêves 
au fond de mes yeux.

La vie a tourné 
bien des pages,
Mais l’enfant en moi 
rit encore un peu.

Mes cheveux ont blanchi 
sous les vents de la vie,
Mon visage porte 
les traces des saisons,

Le temps a gravé 
ses mots sur ma peau,
Mais mon cœur chante 
toujours aussi haut.

J’ai connu des départs, 
des blessures, 
des oublis,
Des silences plus lourds 
que mille trahisons.

Je revois la ruelle 
et nos courses effrénées,
après avoir volé,
Dans le vieux cerisier,

La poussière 
Dans nos genoux blessés
Et les cailloux 
dans nos poches trouées,

Le pain chaud qu’on rompait 
En fin de journée,
pour aller jouer,
Et ce goût de bonheur 
qui ne coûtait presque rien.

Et nos mères, 
au seuil, 
qui nous appelaient.

Je n’ai plus vingt ans, 
c’est vrai,
Et tant de printemps 
se sont enfuis,

J’ai connu des départs, 
des regrets,
Des soleils éteints 
au milieu des nuits.

Le soir, 
mon dos réclame une chaise,
mes paupières se ferment 
avant le film ;
mais dans ma tête, 
je désobéis à la nuit :

je mange la confiture 
à même le pot,
je tire la langue 
aux adultes,
et je ris tout seul 
sous les draps.

Car au fond de mon cœur, 
rien n’a vraiment changé,
Il reste ce petit garçon 
qui regarde les étoiles,

Qui croit qu’un mot sincère 
peut tout arranger,
Et qu’un sourire suffit 
à soulever les voiles.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais j’ai gardé l’enfant,
Ce gamin qui riait 
pour un rien, 
sans raison.

Le temps a pris mes jours, 
jamais mon insouciance :
Il reste dans mon cœur 
une vieille chanson.

Je n’ai plus vingt ans,
Mais j’ai gardé l’enfant.
Les années font leur temps,
Mon cœur a huit ans.

J’ai vu des amis 
prendre le large,
Des amours 
devenir des souvenirs,

J’ai porté mes peines 
comme un bagage,
Sans jamais cesser 
de croire en l’avenir.

Je n’ai plus vingt ans.
Mon corps me le rappelle 
à chaque geste.
Mais mon âme refuse 
De marcher sagement.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais j’aime comme autrefois,
Avec cette innocence 
que le temps n’a pas tuée,

Je garde mes colères, 
mes espoirs 
et ma foi,
Et cette folle envie 
de continuer à rêver.

Je revois nos maisons, 
les portes toujours ouvertes,
Les voix de nos parents 
qui nous criaient de rentrer.

Nos promesses d’enfants, 
nos querelles vite offertes
À des jeux retrouvés 
avant la nuit tombée.

Je revois mon père qui rentrait, 
sa veste à la main,
Ma mère qui soufflait 
sur notre soupe,

Et nous, 
qui nous chamaillons  
pour un bout de pain.

Car au fond de moi, 
rien n’a vraiment vieilli,
Il y a toujours 
l’enfant qui sourit,

Celui qui court 
après les papillons,
Qui voit des étoiles 
dans les sillons.

J’ai vu tant de printemps 
s’en aller sans retour,
Tant de visages chers 
disparaître dans la brume,

J’ai appris que la vie 
est un étrange parcours,
Où les joies les plus belles 
ont parfois un goût d’amertume.

Certains visages, 
hélas, 
ne franchissent plus ma porte ;
Leurs voix vivent pourtant 
dans un coin de ma mémoire.

Il suffit d’un prénom 
pour que le temps m’emporte
Vers ces jours disparus 
que je revois chaque soir.

Je revois les soirs 
où l’électricité
S’éteignait soudain 
au milieu du repas.

On rapprochait les chaises, 
on se mettait à raconter 
des histoires 
qu’on n’oubliait pas.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais j’ai gardé l’enfant,
Celui qui croit 
encore aux promesses,
Qui pardonne 
malgré les blessures,

Qui cache ses larmes 
sous la tendresse,
Et garde une rose 
au milieu des fissures.

Je ris encore 
devant une simple fleur,
Je m’émeus d’un enfant 
qui joue au bord d’un chemin,

Et je sens battre en moi 
cette éternelle ardeur
Qui fait croire aux lendemains 
quand tout semble incertain.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais j’ai gardé l’enfant,
Ce gamin qui riait 
pour un rien, 
sans raison.

Le temps a pris mes jours, 
jamais mon insouciance :
Il reste dans mon cœur 
une vieille chanson.

Je n’ai plus vingt ans,
Mais j’ai gardé l’enfant.
Les années font leur temps,
Mon cœur a huit ans.

Je n’ai plus l’âge 
de faire le fier,
Ni de courir 
après tous les mirages,

Je sais que le temps 
est un courant de rivière
Qui emporte les jours, 
mais pas toujours les visages.

On me dit que le temps 
devrait m’avoir assagi,
Que l’âge impose au cœur 
de marcher en silence,

Mais je refuse d’être 
un rêveur repenti,
Un homme sans printemps, 
prisonnier de l’apparence.

J’ai connu les départs, 
les déceptions, 
les peines,
Les mots qu’on ne dit pas, 
les regrets trop longtemps tus.

J’ai vu se refermer des portes, 
des semaines,
Et des rêves s’éloigner 
sans qu’on les ait revus.

J’ai perdu des amis, 
des voix, 
des adresses,
Des gens dont le rire 
habitait mes étés.

Parfois, 
leur prénom revient 
dans ma tête,
Comme un vieux refrain 
qu’on n’a pas oublié.

J’ai appris 
que la vie est fragile,
Qu’un bonheur tient 
parfois dans une main,

Qu’un sourire peut 
rendre le monde habitable,
Et qu’un peu d’amour 
éclaire un chemin.

Vieillir, 
ce n’est pas renoncer 
à la vie,
Ni laisser les années 
enterrer nos élans,

C’est porter dans son âme, 
malgré les jours enfuis,
Un peu de cette enfance 
qui nous rend vivants.

Un rire d’enfant 
me ramène à moi-même,
Un vieux refrain suffit 
pour réveiller l’été.

Je retrouve, 
en secret, 
ceux que mon cœur aime,
Et les jours de ma jeunesse 
un instant ressuscités.

Je ne suis plus celui 
qui courait dans la rue,
Qui rentrait le soir 
les cheveux pleins de poussière.

Mais quand un enfant rit, 
je me sens revenu
À ce temps 
où demain n’avait rien d’amer.

Alors, 
laissez-moi mes rêves 
un peu fous,
Mes éclats de rire 
et mes étonnements,

Même si le temps 
a changé beaucoup,
Je veux rester cet enfant, 
simplement.

Je n’ai plus vingt ans, 
et alors, 
qu’importe l’âge ?
Mon cœur n’a pas signé 
le pacte du renoncement.

Il reste des soleils 
au détour des nuages,
Des chemins inconnus, 
des bonheurs à présent.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais j’ai gardé l’enfant,
Ce gamin qui riait pour un rien, 
sans raison.

Le temps a pris mes jours, 
jamais mon insouciance :
Il reste dans mon cœur 
une vieille chanson.

Je n’ai plus vingt ans,
Mais j’ai gardé l’enfant.
Les années font leur temps,
Mon cœur a huit ans.

Je n’ai plus vingt ans,
Mais toujours l’âme d’un enfant.
Et si mes pas 
sont moins pressés qu’autrefois,
Mon cœur, 
lui, 
n’a pas perdu sa voix.

Et si demain la vie ralentit mes pas,
Si mes mains tremblent un jour 
en caressant la terre,

Je garderai cet enfant 
qui sommeille en moi,
Celui qui croit encore 
aux miracles ordinaires.

Je ne demande plus 
aux années de s’arrêter,
Ni aux êtres aimés 
de revenir sur leurs traces.

Je voudrais simplement, 
tant que je peux marcher,
Garder ce cœur d’enfant 
sous les rides du temps 
qui passe.

Je connais les départs, 
les silences, 
les comptes,
Les mots qu’on ravale 
et les nuits sans sommeil.

Je sais ce que coûte 
un sourire qu’on feinte,
Et le prix d’un pardon 
qui tarde au réveil.

Vieillir n’est pas devenir de pierre,
Ni fermer son âme 
aux premiers printemps ;

C’est porter dans ses yeux 
toute une vie entière
Et garder au fond de soi
L’enfant qu’on était à vingt ans.

Car les années s’en vont, 
les visages se fanent,
Les saisons font leur œuvre 
et les jours sont comptés,

Mais il est une flamme 
que les hivers condamnent
Sans jamais réussir 
à la faire quitter :

Et si mes cheveux blancs 
racontent mes défaites,
Si mes mains ont gardé 
les fatigues du chemin,

Je veux encore m’émerveiller 
devant les fêtes
Que la vie offre parfois 
pour un sourire, 
un rien.

Donnez-moi des billes, 
un vieux ballon crevé,
Une cour, 
quelques voix, 
du soleil sur les pierres :

Vous verrez le vieil homme 
à peine arrivé
Redevenir le gosse 
qu’il était hier.

C’est cette âme d’enfant, 
rebelle 
et lumineuse,
Qui transforme une larme 
en perle de rosée,

Qui fait d’une vie simple 
une histoire merveilleuse,
Et d’un cœur vieillissant 
un jardin de pensées.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais j’ai gardé l’enfant,
Et ce gamin en moi 
n’a pas dit son dernier mot.

Tant que mon cœur s’émeut, 
tant que mon âme danse,
Je peux vieillir en paix 
sans devenir vieux.

Je n’ai plus vingt ans,
Mais j’ai gardé l’enfant.
Les années font leur temps,
Mon cœur a huit ans.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais je n’ai pas tout perdu :
J’ai des souvenirs 
plein les poches 
et des rêves plein la tête.

Je sais 
que le bonheur se cache 
dans l’imprévu,
Dans un rire partagé, 
dans une chanson qu’on répète.

Un jour, 
mes pas seront plus lents 
qu’autrefois,
Mes mains trembleront 
en ouvrant ma fenêtre.

Mais si quelqu’un m’appelle 
par mon doux nom d’enfant,
Je tournerai la tête 
avant même de paraître.

Et lorsque viendra l’heure 
de regarder derrière,
Je ne compterai pas les rides 
de mon visage,

Mais les éclats de rire, 
les amours, 
les lumières,
Et tous ces petits riens 
qui font le prix de l’âge.

Car je ne dois pas tout 
aux années qui s'en vont,
Ni mes rides aux hivers, 
ni mes cheveux au vent.

J’ai grandi, 
c’est certain, 
j’ai changé de saison,
Mais je n’ai jamais su 
renvoyer mon enfant.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais toujours l’âme d’un enfant.
Et si la vie m’a appris 
à marcher dans la peine,

Je veux garder ce cœur 
qui s’étonne du vent,
Car tant qu’on sait rêver, 
la jeunesse demeure humaine.

Je n’ai plus vingt ans,
Mais j’ai gardé l’enfant.
Les années font leur temps,
Mon cœur a huit ans.

Que m’importe le temps, 
ses départs, 
ses adieux,
Tant que mon cœur s’émeut 
devant un ciel immense ?

On peut vieillir dehors, 
les cheveux devenus vieux,
Et garder vingt ans dedans, 
au royaume de l’enfance.

Djamel Metref
At Yenni le 10 Octobre 2016

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https://lesmotsdunmontagnard.github.io
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L’enfant sous les rides

#poème
L’enfant sous les rides

Je n’ai plus vingt ans,
Mais toujours l’âme d’un enfant,
Le cœur qui d’un rien s’émerveille,
Et des rêves plein l’horizon.

Mon genou, 
dans les escaliers, 
craque en montant,
je cherche mes lunettes, 
elles sont sur mon front,

et mes mains, 
parfois, 
laissent tomber le bouton 
en le recousant.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais toujours l’âme d’un enfant,
Un cœur qui s’émerveille 
Devant une lumière, 
au moindre rayon,

Qui court encore 
après les rêves d’avant,
Et cherche dans le ciel 
les couleurs d’antan.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais j’ai gardé l’enfant,
Un rire au fond des yeux, 
des rêves plein les mains.

Les années passées, 
m’ont appris à être patient,
Mais mon cœur court encore 
sur les mêmes chemins.

Je n’ai plus vingt ans, 
qu’importe mon âge,
J’ai gardé mes rêves 
au fond de mes yeux.

La vie a tourné 
bien des pages,
Mais l’enfant en moi 
rit encore un peu.

Mes cheveux ont blanchi 
sous les vents de la vie,
Mon visage porte 
les traces des saisons,

Le temps a gravé 
ses mots sur ma peau,
Mais mon cœur chante 
toujours aussi haut.

J’ai connu des départs, 
des blessures, 
des oublis,
Des silences plus lourds 
que mille trahisons.

Je revois la ruelle 
et nos courses effrénées,
après avoir volé,
Dans le vieux cerisier,

La poussière 
Dans nos genoux blessés
Et les cailloux 
dans nos poches trouées,

Le pain chaud qu’on rompait 
En fin de journée,
pour aller jouer,
Et ce goût de bonheur 
qui ne coûtait presque rien.

Et nos mères, 
au seuil, 
qui nous appelaient.

Je n’ai plus vingt ans, 
c’est vrai,
Et tant de printemps 
se sont enfuis,

J’ai connu des départs, 
des regrets,
Des soleils éteints 
au milieu des nuits.

Le soir, 
mon dos réclame une chaise,
mes paupières se ferment 
avant le film ;
mais dans ma tête, 
je désobéis à la nuit :

je mange la confiture 
à même le pot,
je tire la langue 
aux adultes,
et je ris tout seul 
sous les draps.

Car au fond de mon cœur, 
rien n’a vraiment changé,
Il reste ce petit garçon 
qui regarde les étoiles,

Qui croit qu’un mot sincère 
peut tout arranger,
Et qu’un sourire suffit 
à soulever les voiles.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais j’ai gardé l’enfant,
Ce gamin qui riait 
pour un rien, 
sans raison.

Le temps a pris mes jours, 
jamais mon insouciance :
Il reste dans mon cœur 
une vieille chanson.

Je n’ai plus vingt ans,
Mais j’ai gardé l’enfant.
Les années font leur temps,
Mon cœur a huit ans.

J’ai vu des amis 
prendre le large,
Des amours 
devenir des souvenirs,

J’ai porté mes peines 
comme un bagage,
Sans jamais cesser 
de croire en l’avenir.

Je n’ai plus vingt ans.
Mon corps me le rappelle 
à chaque geste.
Mais mon âme refuse 
De marcher sagement.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais j’aime comme autrefois,
Avec cette innocence 
que le temps n’a pas tuée,

Je garde mes colères, 
mes espoirs 
et ma foi,
Et cette folle envie 
de continuer à rêver.

Je revois nos maisons, 
les portes toujours ouvertes,
Les voix de nos parents 
qui nous criaient de rentrer.

Nos promesses d’enfants, 
nos querelles vite offertes
À des jeux retrouvés 
avant la nuit tombée.

Je revois mon père qui rentrait, 
sa veste à la main,
Ma mère qui soufflait 
sur notre soupe,

Et nous, 
qui nous chamaillons  
pour un bout de pain.

Car au fond de moi, 
rien n’a vraiment vieilli,
Il y a toujours 
l’enfant qui sourit,

Celui qui court 
après les papillons,
Qui voit des étoiles 
dans les sillons.

J’ai vu tant de printemps 
s’en aller sans retour,
Tant de visages chers 
disparaître dans la brume,

J’ai appris que la vie 
est un étrange parcours,
Où les joies les plus belles 
ont parfois un goût d’amertume.

Certains visages, 
hélas, 
ne franchissent plus ma porte ;
Leurs voix vivent pourtant 
dans un coin de ma mémoire.

Il suffit d’un prénom 
pour que le temps m’emporte
Vers ces jours disparus 
que je revois chaque soir.

Je revois les soirs 
où l’électricité
S’éteignait soudain 
au milieu du repas.

On rapprochait les chaises, 
on se mettait à raconter 
des histoires 
qu’on n’oubliait pas.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais j’ai gardé l’enfant,
Celui qui croit 
encore aux promesses,
Qui pardonne 
malgré les blessures,

Qui cache ses larmes 
sous la tendresse,
Et garde une rose 
au milieu des fissures.

Je ris encore 
devant une simple fleur,
Je m’émeus d’un enfant 
qui joue au bord d’un chemin,

Et je sens battre en moi 
cette éternelle ardeur
Qui fait croire aux lendemains 
quand tout semble incertain.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais j’ai gardé l’enfant,
Ce gamin qui riait 
pour un rien, 
sans raison.

Le temps a pris mes jours, 
jamais mon insouciance :
Il reste dans mon cœur 
une vieille chanson.

Je n’ai plus vingt ans,
Mais j’ai gardé l’enfant.
Les années font leur temps,
Mon cœur a huit ans.

Je n’ai plus l’âge 
de faire le fier,
Ni de courir 
après tous les mirages,

Je sais que le temps 
est un courant de rivière
Qui emporte les jours, 
mais pas toujours les visages.

On me dit que le temps 
devrait m’avoir assagi,
Que l’âge impose au cœur 
de marcher en silence,

Mais je refuse d’être 
un rêveur repenti,
Un homme sans printemps, 
prisonnier de l’apparence.

J’ai connu les départs, 
les déceptions, 
les peines,
Les mots qu’on ne dit pas, 
les regrets trop longtemps tus.

J’ai vu se refermer des portes, 
des semaines,
Et des rêves s’éloigner 
sans qu’on les ait revus.

J’ai perdu des amis, 
des voix, 
des adresses,
Des gens dont le rire 
habitait mes étés.

Parfois, 
leur prénom revient 
dans ma tête,
Comme un vieux refrain 
qu’on n’a pas oublié.

J’ai appris 
que la vie est fragile,
Qu’un bonheur tient 
parfois dans une main,

Qu’un sourire peut 
rendre le monde habitable,
Et qu’un peu d’amour 
éclaire un chemin.

Vieillir, 
ce n’est pas renoncer 
à la vie,
Ni laisser les années 
enterrer nos élans,

C’est porter dans son âme, 
malgré les jours enfuis,
Un peu de cette enfance 
qui nous rend vivants.

Un rire d’enfant 
me ramène à moi-même,
Un vieux refrain suffit 
pour réveiller l’été.

Je retrouve, 
en secret, 
ceux que mon cœur aime,
Et les jours de ma jeunesse 
un instant ressuscités.

Je ne suis plus celui 
qui courait dans la rue,
Qui rentrait le soir 
les cheveux pleins de poussière.

Mais quand un enfant rit, 
je me sens revenu
À ce temps 
où demain n’avait rien d’amer.

Alors, 
laissez-moi mes rêves 
un peu fous,
Mes éclats de rire 
et mes étonnements,

Même si le temps 
a changé beaucoup,
Je veux rester cet enfant, 
simplement.

Je n’ai plus vingt ans, 
et alors, 
qu’importe l’âge ?
Mon cœur n’a pas signé 
le pacte du renoncement.

Il reste des soleils 
au détour des nuages,
Des chemins inconnus, 
des bonheurs à présent.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais j’ai gardé l’enfant,
Ce gamin qui riait pour un rien, 
sans raison.

Le temps a pris mes jours, 
jamais mon insouciance :
Il reste dans mon cœur 
une vieille chanson.

Je n’ai plus vingt ans,
Mais j’ai gardé l’enfant.
Les années font leur temps,
Mon cœur a huit ans.

Je n’ai plus vingt ans,
Mais toujours l’âme d’un enfant.
Et si mes pas 
sont moins pressés qu’autrefois,
Mon cœur, 
lui, 
n’a pas perdu sa voix.

Et si demain la vie ralentit mes pas,
Si mes mains tremblent un jour 
en caressant la terre,

Je garderai cet enfant 
qui sommeille en moi,
Celui qui croit encore 
aux miracles ordinaires.

Je ne demande plus 
aux années de s’arrêter,
Ni aux êtres aimés 
de revenir sur leurs traces.

Je voudrais simplement, 
tant que je peux marcher,
Garder ce cœur d’enfant 
sous les rides du temps 
qui passe.

Je connais les départs, 
les silences, 
les comptes,
Les mots qu’on ravale 
et les nuits sans sommeil.

Je sais ce que coûte 
un sourire qu’on feinte,
Et le prix d’un pardon 
qui tarde au réveil.

Vieillir n’est pas devenir de pierre,
Ni fermer son âme 
aux premiers printemps ;

C’est porter dans ses yeux 
toute une vie entière
Et garder au fond de soi
L’enfant qu’on était à vingt ans.

Car les années s’en vont, 
les visages se fanent,
Les saisons font leur œuvre 
et les jours sont comptés,

Mais il est une flamme 
que les hivers condamnent
Sans jamais réussir 
à la faire quitter :

Et si mes cheveux blancs 
racontent mes défaites,
Si mes mains ont gardé 
les fatigues du chemin,

Je veux encore m’émerveiller 
devant les fêtes
Que la vie offre parfois 
pour un sourire, 
un rien.

Donnez-moi des billes, 
un vieux ballon crevé,
Une cour, 
quelques voix, 
du soleil sur les pierres :

Vous verrez le vieil homme 
à peine arrivé
Redevenir le gosse 
qu’il était hier.

C’est cette âme d’enfant, 
rebelle 
et lumineuse,
Qui transforme une larme 
en perle de rosée,

Qui fait d’une vie simple 
une histoire merveilleuse,
Et d’un cœur vieillissant 
un jardin de pensées.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais j’ai gardé l’enfant,
Et ce gamin en moi 
n’a pas dit son dernier mot.

Tant que mon cœur s’émeut, 
tant que mon âme danse,
Je peux vieillir en paix 
sans devenir vieux.

Je n’ai plus vingt ans,
Mais j’ai gardé l’enfant.
Les années font leur temps,
Mon cœur a huit ans.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais je n’ai pas tout perdu :
J’ai des souvenirs 
plein les poches 
et des rêves plein la tête.

Je sais 
que le bonheur se cache 
dans l’imprévu,
Dans un rire partagé, 
dans une chanson qu’on répète.

Un jour, 
mes pas seront plus lents 
qu’autrefois,
Mes mains trembleront 
en ouvrant ma fenêtre.

Mais si quelqu’un m’appelle 
par mon doux nom d’enfant,
Je tournerai la tête 
avant même de paraître.

Et lorsque viendra l’heure 
de regarder derrière,
Je ne compterai pas les rides 
de mon visage,

Mais les éclats de rire, 
les amours, 
les lumières,
Et tous ces petits riens 
qui font le prix de l’âge.

Car je ne dois pas tout 
aux années qui s'en vont,
Ni mes rides aux hivers, 
ni mes cheveux au vent.

J’ai grandi, 
c’est certain, 
j’ai changé de saison,
Mais je n’ai jamais su 
renvoyer mon enfant.

Je n’ai plus vingt ans, 
mais toujours l’âme d’un enfant.
Et si la vie m’a appris 
à marcher dans la peine,

Je veux garder ce cœur 
qui s’étonne du vent,
Car tant qu’on sait rêver, 
la jeunesse demeure humaine.

Je n’ai plus vingt ans,
Mais j’ai gardé l’enfant.
Les années font leur temps,
Mon cœur a huit ans.

Que m’importe le temps, 
ses départs, 
ses adieux,
Tant que mon cœur s’émeut 
devant un ciel immense ?

On peut vieillir dehors, 
les cheveux devenus vieux,
Et garder vingt ans dedans, 
au royaume de l’enfance.

Djamel Metref
At Yenni le 10 Octobre 2016

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