#poème
Trop d’humains pour si peu d’humanité
Il y a tant d’hommes
sur la Terre,
Tant de visages,
tant de voix,
Tant de frontières,
tant de guerres,
Et si peu de mains
tendues parfois.
Des villes dressées
jusqu’aux nues,
Des palais d’or,
des tours d’argent,
Mais combien d’âmes
disparues
Sous le regard froid
des passants ?
On sait construire
des machines,
Franchir les mers,
toucher le ciel,
Mais devant un enfant
qui s’incline,
On reste sourd
à l’essentiel.
On sait compter l’or
et les armes,
Mesurer le prix du pouvoir,
Mais qui sait
encore lire les larmes
Dans les yeux d’un homme
sans espoir ?
Tant de discours
sur la justice,
Tant de promesses
au goût de miel,
Mais la misère offre
en sacrifice
Ceux que l’on oublie
sous le ciel.
Un homme fuit,
serrant son enfant,
La guerre a dévoré
sa maison.
Le monde poursuit,
indifférent,
Son commerce,
ses calculs,
ses saisons.
Ailleurs,
des frontières se ferment
Sur des rêves chargés
de poussière.
Et ceux qui condamnent
et qui sermonnent
Ont-ils oublié
d’être frères ?
Car que vaut donc
notre science,
Si le cœur demeure
inhumain ?
Que vaut le progrès
sans conscience,
Si l’on détourne les yeux
du chemin ?
Je ne demande
ni des miracles,
Ni des héros
descendus des cieux,
Seulement qu’au bord
de nos obstacles,
Un homme reconnaisse
un homme dans ses yeux.
Qu’une main se tende
à celle qui tremble,
Qu’un pain se partage
en deux,
Que ceux qui souffrent
marchent ensemble,
Et que l’on cesse
d’opposer les malheureux.
Nous sommes nombreux
sous les étoiles,
Mais si peu savent
vraiment aimer.
Nous avons des drapeaux,
des voiles,
Et tant de cœurs
à réanimer.
Trop d’humains
pour si peu d’humanité,
Trop de richesses
et tant de faim,
Trop de paroles
sur la fraternité,
Trop de portes fermées
sur le chemin.
Pourtant,
au milieu des ruines,
Une main se lève,
un enfant sourit.
Et dans cette lumière
infime,
C’est toute l’humanité
qui renaît aussi.
Car le monde
ne manque pas
d’hommes,
Ni de raisons
de se déchirer :
Il manque de cœurs
qui se donnent,
De consciences
qui osent se réveiller.
Et si demain
doit avoir un visage,
Qu’il ne soit
ni de haine
ni de peur :
Que chaque être
humain,
quel que soit
son âge,
Puisse enfin
vivre debout,
sans avoir honte
de son cœur.
Parce qu’au bout
de toutes nos différences,
de toutes nos croyances
et de toutes nos frontières,
il ne devrait rester
qu’une seule vérité :
Il n’y a jamais trop
d’humains sur la Terre.
Il n’y a que trop peu
d’humanité dans nos cœurs.
Djamel Metref
At Yenni le 18 Octobre 2026
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