Les jours passent et tout est dit
L’un dit,
L’autre se tait
Et médite.
Mare dit,
La mer se tait,
Puis répond
Dans le creux des vagues.
Maire Creux dit,
Dans le creux de la ville,
Un mot sans écho.
Le citoyen n’a rien à dire,
Il répond par son silence.
Je dis,
Ce que je n’osais pas dire,
Mais ma voix
Tombe dans le dit,
Dans le non-dit,
Dans le presque-dit.
Le silence me pèse.
Vendre dit,
Mais que vend-on
Quand les mots
Ont déjà tout donné ?
Le vent dit,
Puis se dédit.
Il passe,
Et tout se tait.
Le vent dénoue
Les mots des arbres.
Ça me dit…
Ça me rappelle
Un souvenir oublié.
Ça me dit quoi ?
Ça me dit rien.
Ça me revient,
Ça me poursuit.
Rien
Que le silence
Ne sache déjà.
Et puis,
Dit manche,
Le mot tombe
Au bord du silence.
La manche dit,
La main se tait.
Et la manche
Essuie la bouche
De celui
qui n’a plus de mots.
L’un dit.
Mare dit.
Maire creux dit.
Je dis.
Vendre dit.
Ça me dit.
Dit Manche.
L’un dit.
L’autre écoute.
Moi, je dis.
Et plus je dis,
moins ça se dit.
Et dans tout ce qui se dit,
il reste toujours
quelque chose
que personne ne dit.
Et entre deux paroles,
il y a parfois
tout ce qu’on ne dit pas.
Plus ça se dit,
plus le silence
prend la parole.
Alors je me tais.
Et dans ce silence
tout est dit.
Djamel Metref
At Yenni le 29 Septembre 2026← Tous les poèmes
Les jours passent et tout est dit
Écriture et poésie · Temps et existence
